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La fin de la mise en page est pour bientôt !

Hello sweeties,

Demander, c’est obtenir : voici des nouvelles.

Donc, le livre est écrit, ça vous le saviez déjà. Il est aussi mis en page à plus de 80%.

Concrètement, il reste à :
– finir la relecture du chapitre 6 (je me sens un peu mal de penser que ma relectrice va recevoir cette newsletter mais pour contrebalancer ça je vous propose de tous lui envoyer des pensées positives, parce qu’elle a un tas de copies à corriger en plus de la mienne)
– mettre en page ledit chapitre une fois les corrections reçues (j’ai essayé de mettre en page le chapitre 3 avant d’avoir reçu les corrections pour ensuite les appliquer dans InDesign, il ne faut PAS.)
– envoyer encore des mails gentils aux photographes dont je n’ai pas encore reçu les photographies en HD (Ben oui)
– ENVOYER EN PRINT

Et la bonne nouvelle, c’est que tous ceux d’entre vous qui ont commandé la version print du livre vont aussi, de fait, recevoir la version eBook. Il faudra que j’adapte un peu la mise en page aux liseuses et autres smartphones, mais vous devriez la recevoir (la version eBook donc) environ trois ou quatre jours après l’envoi à l’imprimeur.

Je vous embrasse ! (TOU•TE•S)

Ceci n'a rien à voir avec cela, mais j'ai assisté aux Women's Marches à San Francisco et Sacramento, et j'avais besoin d'illustrer cet article, donc voici une des photos que j'y ai prises.
Ceci n’a rien à voir avec cela, mais j’ai assisté aux Women’s Marches à San Francisco et Sacramento, et j’avais besoin d’illustrer cet article, donc voici une des photos que j’y ai prises.

 

Lancement du site dédié

Le lancement d’un nouveau projet est toujours une étape importante. L’officialisation dudit lancement ne l’est pas moins. Concernant le livre, ç’auront été plusieurs étapes successives : transformation de ce qui n’tait qu’une simple blague lancée dans le métro en un vrai projet, formalisation de celui-ci, envoi de questionnaires pour mieux cerner les besoins du public, lancement de la campagne de financement participatif, écriture… et mise en page encore en cours.

Et puis, le lancement du site dédié.

Ben oui, même si j’avais acheté le nom de domaine www.lartdelapose.net depuis un moment, je n’avais jamais vraiment fait la démarche de l’utiliser. Alors qu’en vrai, soyons clairs, ça prend deux heures.

En faisant ça, j’autorise en quelque sorte mon livre à exister en dehors de moi. Il n’est plus une catégorie perdue de mon blog personnel ; il est dans la sphère publique.

Si je fais un tel mélo pour trois pages WordPress mises en forme, me direz-vous, qu’est-ce que ce sera lors de la soirée de lancement. Vous aurez raison. Du sang et des larmes, probablement.

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Conférence à la convention du costume

Bonjour tout le monde,

En attendant les retours de ma relectrice, j’avance sur d’autres choses, et je me suis dit qu’un élément de mon actualité récente pourrait vous aider à patienter :

Fanny et Fenriss m’ont gentiment conviée à intervenir lors de la Convention du Costume qu’ils organisaient pour parler de la pose. La spécificité de cet événement m’a d’ailleurs poussée à développer certains éléments que j’aurais pu perdre de vue sans cela dans le livre, et j’y introduis certaines choses (forcément) qui y figureront. Alors, si vous pouvez passer outre le fait que je suis viscéralement incapable de m’exprimer en public et d’avoir l’air à l’aise, cela pourrait vous intéresser !

Cliquez sur cette photo de Dentelle Et Pellicule pour accéder à la vidéo !
Cliquez sur cette photo de Dentelle Et Pellicule pour accéder à la vidéo !

 

La fin et la suite

Bon, eh bien voilà.

Telle que vous me voyez, je suis dans un café à Londres en train d’attendre qu’un copain sorte de studio d’enregistrement, je bouquine Turning pro de Steven Pressfield après avoir dévoré Nobody wants to read your sh*t du même auteur, et je soigne à coups de passages de frontières ma dépression post-partum. Quand Anaël Verdier m’a diagnostiqué celle-ci par sms en début d’après-midi, ça m’a soulagée ; j’étais à deux doigts de penser que j’étais simplement une dépressive chronique et que je ne m’en sortirais jamais puisqu’objectivement tout allait bien.

J’avais fini d’écrire mon premier jet. Je ne le trouvais même pas si nul. En fait, je le trouve plutôt bien.
J’avais évidemment peur qu’une modèle ou l’autre, lisant mon livre, décrète que j’avais raconté uniquement de la merde, que je n’étais pas légitime et que de toute façon je ne savais pas poser, et j’avais peur que cet hypothétique bourreau aie raison ; mais ça, c’est la spirale du doute périodique en action, et j’ai appris à la reconnaître pour ce qu’elle est.
J’avais eu une belle surprise, totalement inattendue, et plus d’éléments objectifs que de raison pour pouvoir me dire que personnellement aussi, tout allait bien.
J’allais prendre un avion pour Londres, me mettant ainsi hors de portée de toute tentative d’organisation d’un de ces anniversaires surprise désastreux où vous n’avez aucune envie d’être (trop de gens) et où on vous somme de faire bonne figure, tout en ne restant pas cloîtrée chez moi à ne rien faire. En partant dans un autre pays tout en ne prévoyant rien de spécifique pour la date tant redoutée, j’inaugure ainsi ce que j’appelle l’anniversaire de Schrödinger. Et cette idée me met en joie.

Et pourtant j’étais triste. On aurait pu me faire rejouer la fin de Que ma joie demeure.

Et puis, comme une évidence : « mais meuf, tu viens de passer je sais pas combien de mois sous pression et là ça retombe, c’est la peur du vide. Tous les artistes font ça. »
Ah mais oui.
Maintenant que vous le dites.

Et donc, quand on m’a dit « dépression post-partum« , ça m’a fait rire, parce que je me suis dit « Encore heureux que je ne veuille pas d’enfants si un livre me fait ça ». Puis je me suis rappelée que, juste en finissant, j’étais retournée voir Rogue One – meilleur Star Wars sorti depuis ma naissance, ce film m’a fait quasiment pleurer de joie tant l’ascenseur émotionnel avec l’autre film sorti le 16 décembre 2015 était fort – j’avais enchaîné sur tous les side-textes que je devais écrire pour le livre : l’avant-propos, les remerciements, la nouvelle version du synopsis pour la C4, ma bio, bref, tout pour ne pas m’arrêter. Et ce qui est drôle c’est que j’ai employé « gestation » alors que je ne fais jamais de métaphores basées sur la maternité. Mais jamais.

Coucou, le fruit de huit ans de ta vie vient de sortir de toi. Tu le vis bien ?

De quoi tu as envie maintenant ?
De recommencer, avoue-le.
De voir à quoi ressemble ta montagne.
Ne nie pas.

Vous voyez, le déni est un mécanisme d’évitement récurrent chez moi. Je vous invite à le constater sur pièces à travers ce dialogue de 2013 avec un ami, quand j’étais « juste-modèle » et que je n’admettais pas que ce que je voulais, c’était jouer. Je me disais que c’était trop tard, que si je n’avais pas commencé étant enfant, c’était mort, etc.

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Avouez. C’est transparent.

J’ai retrouvé cette conversation il y a peu et j’en ai fait une capture d’écran que je conserve depuis pour me rappeler des tours que me joue mon cerveau quand il décide que le confort c’est mieux que le risque. Je n’ai pas d’exemple aussi frappant concernant l’écriture, sauf peut-être ce texte de janvier 2015 que j’ai réussi à conclure en disant que je n’écrivais pas, après, obviously, l’avoir écrit.

Ah, au fait, je ne vous l’ai pas dit sur ce blog : j’ai fini d’écrire mon premier jet.
C’est de la folie.
Vous me direz, à force d’avancer sur un truc tous les jours, à un moment il finit par… être terminé, justement. Mais je n’avais jamais envisagé les choses sous cet angle. Pas vraiment. Je savais vaguement que je finirais d’écrire un jour, bien sûr. C’est logique. Je suis quelqu’un de rationnel. On ne peut pas écrire un nombre de jours infinis pour produire un livre au nombre de pages fini. Mais je n’avais pas conscience que ce jour arriverait vraiment dans la réalité.
Je ne vous le cache pas je suis super fière. En retard, mais pas tant compte tenu des événements de cette année, et moins que prévu d’ailleurs.
C’est assez perturbant. Comme cet autre échange que j’ai eu il y a un mois et demi :

– Mais… Tu vas bien Florence en fait.
– Ah !… C’est donc ça ce sentiment d’étrangeté.

Ce qui au passage botte le cul à toutes nos préconceptions sur l’artiste qui doit aller mal pour créer parce qu’à partir de là je n’ai jamais écrit aussi régulièrement et efficacement.

Donc où en étais-je. La dépression post-partum.

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Photo : Cyril Zekser pendant un Atelier du Vendredi avec Stéphane Casali

Ce truc qui te tombe sur le coin de la gueule et où tu te demandes où tu as merdé, ce qui ne va pas chez toi, et si tu vas juste passer toute ta vie à être chiante et insatisfaite et BORDEL CAN’T YOU ENJOY THE MOMENT FOR ONE SECOND ?

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Et puis, en fait, c’est okay. Tu te rends compte que c’est juste que tu ne t’en étais pas aperçue avant parce que là, c’était ton premier vrai gros projet sur le long terme, mais que c’est juste que tu as besoin d’être en train de faire quelque chose, et que même si le livre n’est pas fini, il est pour le moment entre les mains de ta correctrice et plus les tiennes. Que ce n’est même pas tant la peur de la confrontation avec le public (même si soyons honnêtes ça me fera forcément flipper à un moment, mais je suis passée par un système de pré-commande justement pour m’ôter toute possibilité de faire marche arrière, ce qui est ma façon toute personnelle de créer mon sentiment de tranquillité. « Lorsqu’on n’a plus le choix, on est libre. »), mais le fait d’être suspendue à autrui là où il y a quelques jours encore j’étais celle qui devait donner le mouvement. Encore heureux que j’aie une totale confiance en ma correctrice. Je t’aime, si tu passes par là.

Un ami brillant me disait sur un tout autre sujet qu’il n’avait jamais l’air content aux yeux des autres quand un de ses projets réussissait, mais que c’était normal, parce qu’au moment de la réussite effective lui-même était déjà deux projets plus loin.

Dans la mesure où, en prévision de la nécessaire période de jachère créative que constituera la finalisation du livre – je veux dire quand je serai en train de vous écrire des petits mots et de vous faire de petites enveloppes -, j’ai déjà relancé mon projet photo sur les cicatrices sur ses rails et je prévois un projet encore secret avec Mathilde Aimée, dans la mesure aussi où je me remets à poser de façon plus régulière depuis que j’ai retrouvé la mainmise sur ma façon de vivre – ce livre m’a sauvée d’un truc assez moche -, je pense qu’on peut dire que j’ai intériorisé cette idée comme un excellent conseil.

Alors faisons comme ça.

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Steven Pressfield, c’est bon, mangez-en.

Bon parlons du livre maintenant. Je vous disais que je devais en réécrire le synopsis. C’est normal, parce que le projet, qui est parti d’une sorte de fusion entre un guide pratique et un essai sociologique, est resté ça, mais s’est paré de nouveaux attributs. Il est devenu plus personnel, plus engagé, presque militant. Non. Carrément militant. Je pense que, vu ce que j’écrivais et sur quoi vous vous êtes fondés pour décider que ça méritait d’investir dans ce que je ferais no matter what, comme mon Manifeste de 2013, cette phrase ne choquera personne. Cependant, je me rappelle avec amusement du moment où j’ai commencé à écrire mon chapitre 1 en me disant « bon, il va y avoir une critique du marketing et de la représentation des corps dans la publicité, c’est logique », et où je suis arrivée au bout sans m’y attendre et où j’ai constaté qu’on discernait nettement quelque chose de bien plus politisé – pas en termes de partis politiques, juste d’idées – que ça.

Et puis j’ai décidé que c’était okay.

J’espère que ce sera okay pour vous aussi. En tout cas, si vous avez voulu du Florence Rivières, sachez que vous en aurez pour votre argent, parce que ce livre que je voulais être un truc d’intello – je me souviens avec émotion de cette discussion acharnée quand j’ai dit qu’appeler un livre avec un titre de thèse c’était sexy et qu’on m’a rétorqué que ça le serait uniquement pour moi – est la chose la plus personnelle que j’aie jamais produite.

J’ai commencé ce projet en me disant que ce serait la seule chose que j’écrirais. Là, je suis sûre et certaine du contraire. Ce livre tourne une page, non seulement celle de ma vie en tant que « juste-modèle », mais aussi celle qu’elle ouvre. Je ne pensais pas apprendre autant sur moi-même, ni changer autant dans le processus. Et pourtant, c’était une évidence. J’ai changé, et là, dans ces quelques jours où je ne fais pas de maquette ni de réécriture parce que c’est le moment de Julie, j’ai tout le temps de réfléchir au futur, parce qu’il est là, juste devant, presque aujourd’hui.

Et il a l’air radieux.

Merci pour ça.

Joyeux Yule avec 4 jours de retard

Honnêtement, je n’ai pas fait ça exprès pour que ça tombe aujourd’hui, mais j’ai un truc à vous dire.

J’ai été bloquée longtemps, cette année. Vous le savez.

Avec tout ce qui s’est passé, ce sont en tout pas moins de 5 mois que j’ai passés à ne pas écrire. Quand j’ai contacté Anaël Verdier pour qu’il m’aide, en coaching, à reprendre, je lui ai dit que j’avais écrit “entre 30 et 50%” du livre. C’était, soyons honnêtes, plus proche des 35%. Et c’était fin septembre.

J’ai mis deux ou trois semaines de plus à me réapproprier le projet, à m’y replonger vraiment.

À recommencer à écrire.

Mi octobre, je repartais donc sur les rails avec 35% déjà écrits. On est le 25 décembre et j’ai FINI LE FOUTU PREMIER JET !

Bon, je suis toujours en retard mais Julie de Waroquier avait déjà relu et corrigé moultes fois les premiers chapitres tout en me les faisant compléter et préciser, et je les ai même déjà mis en page. En vrai, on est donc même encore plus avancés que ça.

Mais voilà. Ces cinq mois ont servi à faire infuser les choses, and here we are. Je viens de bouffer 65% en moins de trois mois sans m’en rendre compte. Mon coach est bon, et que dire de mon entourage.

Tout ceci pour vous dire : Ça arrive ❤

ET JOYEUX YULE AVEC 4 JOURS DE RETARD.

Du retard

Chers tous,

Je me débats avec ce message depuis plusieurs semaines en repoussant le moment de l’envoyer au lendemain, puis au sur-lendemain et ainsi de suite. Mais il faut que je vous prévienne, et en sus, même si ce n’est pas évident pour les personnes avec qui j’ai pu en parler, je ressens vous devoir une explication.

Quand j’ai lancé ce kickstarter il y a un an, je l’ai fait en me disant presque : “Bon, je lance le projet, ça ne marchera jamais de toute façon, comme ça je ferai mon deuil de cette idée et tout ira bien”, comme un moyen de me protéger. On ressent beaucoup le besoin de se protéger de la réussite, non ? Et puis, quand le financement a dépassé les 100%, je n’y croyais pas. C’était fou.

Le fait est que cette dernière année a été des plus complexes pour moi. J’ai laissé des problèmes qui n’étaient pas les miens me parasiter, se mettre entre moi, mon projet et ma capacité d’écrire, et me les arracher par moments. Ça pourrait être une plainte, mais je suis responsable de ma décision d’avoir accepté cette situation.

Pour vous rassurer : c’est réglé, je vais bien, et je suis plus motivée que jamais. Mais j’ai perdu de précieux mois dans le processus, et pour que vous receviez votre livre à l’heure, il faudrait que je l’envoie un print maintenant. Ce qui n’est pas envisageable. Même si je décidais de bâcler l’écriture pour aller plus vite, ce qui l’est encore moins.

J’ai décidé d’employer les grands moyens en faisant appel à un coach d’auteurs, Anaël Verdier, qui me supporte et m’aiguillonne depuis plusieurs mois (allez lire son blog, il fonctionne pour la vie aussi), et j’abats du travail page après page. Certains d’entre vous ont senti ma détresse et m’ont envoyé du thé au cas où j’en sois à cours. J’ai les meilleurs soutiens dont je puisse rêver dans mon entourage, et je me sais prête à en découdre.

Juste, je suis en retard, et je suis désolée de vous imposer ça, à vous qui avez cru en moi avant moi-même.

Alors, à bientôt, et merci.

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Comment être modèle photo a sauvé ma vie sexuelle

J’étais en train d’écrire un sous-chapitre de mon livre qui concerne la façon de communiquer en séance photo, et comme on ne se refait pas, je parlais de consentement. La réflexion m’est venue qu’une séance photo, c’est simple comme une tasse de thé, ou autrement dit qu’on peut transposer tout ce qu’on dit du sexe aux séances photo. Sans pour autant que ça place la séance photo dans un cadre sexuel, d’ailleurs. Mais comme au lit, et comme dans la préparation du thé, on a le droit de dire non, on a le droit d’avoir dit oui mais de finalement se sentir mal à l’aise et de dire non, on a le droit de demander le respect de notre zone de confort, on a le droit de dire stop. Ca semble évidemment plus compliqué dans le cadre d’une séance de commande, mais ça ne devrait pas l’être, quand on y réfléchit, puisque ça reviendrait à dire qu’on se fout des séances de collab. Ou que l’argent peut acheter le fait de se passer de notre consentement. Dans les deux cas, ça semble problématique.

Bon, et donc j’écrivais globalement ça, quand mon esprit a divagué via le parallèle sexe – thé – séance photo sur des problématiques d’évolution personnelle. Si j’ai appris “à la dure” que je pouvais dire non et envoyer paître un photographe indélicat lors d’un shooting, je n’ai appris que plus tard, bien plus tard, que j’avais le droit de faire de même dans l’intimité.

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Photo : Paul von Borax

Parce qu’un jour, j’ai cessé d’agir comme mon éducation m’y prédisposait, cessé de croire que dire “non, je n’ai pas envie maintenant”, c’était violent et mal de ma part, cessé de croire que “laisser faire parce que c’est plus simple et ça m’évitera une discussion houleuse”, c’était acceptable, et surtout totalement assumé le fait que quand je disais “non”, c’était “non”, et que sur quinze “non, je n’ai pas envie de monter chez toi”, il y en avait quatorze de trop, point. Et que si les gens n’étaient pas contents, c’était bien leur problème.

Et tout ça a commencé un jour, avec un moment de malaise qui m’en a rappelé un autre, et avec cette pensée :

“Mais au fait, la dernière fois que j’ai ressenti ça j’ai foutu mon pied dans la poitrine du mec qui essayait de me tripoter. Pourquoi “excuse-moi mais tu es trop belle” serait une excuse pour n’importe quel autre type qu’un photographe ? Pourquoi je serais légitime à dire non à un photographe, mais pas à mon mec ? Est-ce à dire que tous les hommes ont des droits sur mon corps, sauf les photographes ? C’est quand même ballot.”

Et puis, un photographe qui empiète sur ton espace et piétine ton consentement, ce n’est pas forcément un pervers. Déjà parce que l’empiètement ne se produit pas forcément sur du sexualisé (je ne suis pas concernée par cette phrase mais insister très fort pour que tu ailles dans la cascade alors que tu ne te sens pas de le faire, c’est aussi empiéter sur ton consentement), et ensuite parce que parfois, on ne leur a juste pas dit qu’insister lourdement se marie mal avec le respect d’autrui. (Qu’on aie à apprendre ça à des adultes est un problème, mais ça, c’est un sujet de thèse, à ce niveau.)

L’apprentissage du respect de mon consentement a pris racine en séance photo et ne s’est déplacé dans la sphère privée que bien plus tard.

J’ai failli trouver ça dérangeant quand la pensée m’est venue il y a quelques jours, et puis je me suis rendu compte que j’avais juste construit ma confiance en moi dans le cadre professionnel avant de la déplacer dans le cadre personnel, là où plein de gens prennent des schémas personnels et les transposent dans leur vie professionnelle.

Et donc, j’ai appris en posant que si mon corps n’était pas en libre-service pour les photographes, il ne l’était pas non plus pour le reste de l’espèce humaine.

Forte de cette constatation, j’en ai peu à peu profité pour appliquer à ma vie privée les choses que j’avais apprises en posant. Un ami proche m’a dit un jour “Quand on te regarde poser, tu n’es plus la même personne, on dirait que tu te libères et que pendant ce laps de temps tu es au courant de ta force.” Au-delà du caractère ouvertement flatteur de la phrase, j’ai analysé cette observation via ce qui se passe quand je pose : je me plonge dans un état semi-méditatif, qui me permet d’oublier de penser et d’être dans le “faire” pur. Ce qui implique entre autres : sortir de la boîte dans laquelle, en tant que femme, je me mets tous les jours pour éviter les interactions non désirées dans la rue, laisser vivre le corps, assumer qu’à certains moments, on a envie de faire une pose, une expression, de sortir quelque chose, même si pour ça on doit rentrer dans la personne en face. Avec une forme de violence, parfois, mais qui représente une forme d’inversion du duo stéréotypique voyeur / vu qu’on associe souvent à la photographie de modèle. Et généralement, les photographes sont contents qu’on leur rentre dedans. Je pense que les gens de la vraie vie aussi, une fois la surprise passée.

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Photo : Quentin Caffier – MUA : Juliette Delassalle – Robe : IKKS

Je crois que j’ai tout fait à l’envers, mais ce que j’essaie de vous dire, c’est qu’en posant j’ai accepté pour la première fois que j’avais ma place là où j’étais, que mon existence était légitime, et que je pouvais être en position de puissance sans pour autant écraser l’autre, que je n’avais pas à me laisser marcher dessus. Et que ça m’a fait grandir en tant que personne, y compris dans des domaines totalement inattendus.

Et je pense que quelque part, si je vous raconte mon histoire, c’est parce que j’ai envie que ça vous apporte la même chose.

Histoires de corps

Bonjour à tous !

Alors que les jours raccourcissent et que l’écriture du livre continue d’avancer, je continue à poser et à participer aux beaux projets de mon entourage.

En l’occurrence, le photographe Jam Abelanet m’a fait poser dans sa série « Histoires de corps », une série de portraits frontaux nus et couverts d’huile innocente au départ, mais qui a vite pris, presque malgré lui, la tournure d’une série sur le rapport au corps de chacun. La série devint un projet, le projet devint un livre, le livre s’arma de témoignages manuscrits… Et si vous êtes sur cette page, je me dis qu’il ne serait pas déconnant que la thématique dudit livre puisse vous intéresser. Donc, sans plus attendre, voici le lien vers le crowdfunding d’Histoires de Corps !

Et… À bientôt, alors. 🙂

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Nouvelles !

Chers tous,

Après plusieurs semaines un peu sous l’eau, je prends le temps de vous envoyer ce petit mot pour vous dire que la rédaction avance, à grand renfort de thé et de références bibliographiques. Ce qui donne lieu à des scènes d’un charisme rare, comme on peut le voir ici :

Mais aussi, Camille, notre graphiste, a bien avancé sur la direction artistique de la maquette, ce qui me permet de partager avec vous cet aperçu non définitif du début du livre. Ca spoile même un peu de texte 🙂

Je reviendrai vers ceux d’entre vous qui ont demandé une séance photo et / ou un coaching par mail dans le courant du mois.

Merci à tous d’être là =)

Merci !

Chers tous,

Le financement se termine et, grâce à vous tous, il se termine bien.

Je peux vous le dire maintenant, quand j’ai lancé ce projet, je me disais qu’il n’intéresserait au final que moi, que ce serait un échec cuisant, et pour ne rien vous cacher je cherchais déjà la cascade idéale auprès de laquelle aller soigner ma peine.

Et là, non seulement on a réussi à atteindre l’objectif qui était de collecter suffisamment d’argent pour arriver à réaliser et éditer le livre, mais en plus vous avez explosé le second palier, ce qui va me permettre de le rendre encore bien plus beau !

Beaucoup d’entre vous sont des amis, mais pour un grand nombre d’entre vous, nous ne nous connaissons pas, et si vous avez participé à ce kickstarter, ce ne peut être que parce que vous avez cru en mon projet. Ce sont deux bonheurs très différents, et je les apprécie tous deux à leur juste valeur.

Maintenant que vous m’avez montré que vous étiez derrière moi tout au long de cette aventure, c’est à moi de jouer : il n’y a « plus » qu’à écrire, écrire, faire des photos, et écrire !

Pour ceux d’entre vous qui ont choisi une récompense (type séance photo ou tirage) en sus du livre, vous recevrez très bientôt un mail pour vous permettre de la récupérer !

Pour ce soir, j’achève la constitution de ma bibliographie et je continue à écrire.

Merci,